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Par Administrateur, mardi 5 janvier 2010 à 17:56 :: Actualité :: #86 :: rss

Julien Bénard. Le Quimpérois au centre de formation de Bayonne
31 décembre 2009
31 décembre 2009
Hospitalisé dès la naissance pour un manque de motricité cérébrale, le Quimpérois Julien Bénard (18 ans) a trouvé sa voie grâce au rugby. Ce grand gaillard de 2,02 m fait aujourd'hui partie du centre de formation de Bayonne, une des équipes du Top 14.
Serrer la main du capitaine de l'Aviron, Rémi Martin (16 sélections en équipe de France), dans le centre-ville de Bayonne : jamais Julien Bénard n'aurait osé effleurer cette idée jusqu'à cette année. Et pourtant, l'ancien deuxième ligne quimpérois est aujourd'hui un des grands espoirs du club basque. Repéré par hasard par un recruteur bayonnais lors d'un match de... vétérans disputé par le RC Quimper face à Beauvais, il a, ce jour-là, fait basculer son destin sans le savoir.
L'hôpital jusqu'à six ans
A force de persévérance, Julien Bénard a même gagné un sacré combat sur lui-même en signant à l'Aviron Bayonnais. La vie a en effet joué un mauvais tour au Quimpérois. Né avec un manque d'oxygénation du cerveau, il a dû fréquenter avec assiduité, jusqu'à ses six ans, l'hôpital Laënnec à Quimper. La suite fut aussi délicate avec une scolarité difficile en classe spécialisée (Clis et Segpa). Découvert sur le tard à 15 ans, le rugby apparaît alors comme une bouée de sauvetage pour le jeune homme. «J'ai fait un bref passage par le football, mais j'ai souffert de moquerie. Par hasard avec un copain, on s'est amusé à se plaquer lors d'une fête. Il était inscrit au RC Quimper et m'a invité à venir essayer. Ça a été le déclic. J'ai découvert dans ce club l'univers qui manquait à mon épanouissement», explique Julien Bénard.
2,02 m pour 127 kg
L'ovalie est pour lui un réel exutoire des souffrances passées. Avec ses 2,02 m et ses 127 kg, il se distingue rapidement par une présence athlétique supérieure à la moyenne. L'observateur de Bayonne ne s'était pas trompé. Julien fait aujourd'hui le bonheur de son nouveau club en Crabos (championnat de France des moins de 19 ans) où les Bayonnais ont tout gagné. «J'en ai bavé sur les premiers entraînements. Jusqu'à en vomir. D'avoir vécu ces moments difficiles m'aide à m'accrocher encore plus. C'est une chance d'être là que d'autres aimeraient bien avoir. J'alterne entre l'équipe première et celle réserve en juniors. Avec les dirigeants, on a prévu de faire le point à la fin de l'année. J'ai encore du temps pour prouver ma valeur», indique le Quimpérois. En lycée maritime à Saint-Jean-de-Luz, le deuxième ligne doit jongler avec un calendrier chargé. Avec parfois deux entraînements quotidiens, il a déjà beaucoup progressé en tonicité et en explosivité.
«La balle est dans mon camp»
«J'ai fondu de 15kg en deux mois. Je suis mieux dans mon corps et ça se ressent sur le terrain et dans ma vie. Passer professionnel? Bien sûr que j'y pense. Ce serait une superbe revanche par rapport aux étapes endurées. La balle est dans mon camp, mais j'ai une énorme volonté d'y arriver», conclut-il. Malgré l'éloignement de ses proches, le Cornouaillais se laisse enfin porter par un vent favorable.